
Membre de l'équipe de Lise Cardinal et associés depuis juin 2005, il ambitionne de former des milliers de Français aux méthodes de Lise Cardinal, avec l'aide d'une équipe mobile sur toute la France. Peut-être cela explique-t-il son magnifique sourire communicatif.
Depuis 2004, André est intervenu sur le thème des réseaux relationnels dans plus de 60 événements devant plus de 5 000 personnes. Suscitant l'intérêt des médias, il a été interviewé par l'Expansion, Le Figaro, Courrier-cadres, L'Express, Stratégies, La Tribune et autres. C'est aujourd'hui notre tour de l'interviewer.
Andrée Auger (A. A.) : Quand et comment avez-vous commencé à réseauter ?
André Dan (A. D.) : Inconsciemment, j'ai commencé en colonie de vacances à l'âge de 5 ans. Cela s'est poursuivi avec le volet commercial et marketing de mon métier au début des années 1980. Mais je l'ai vraiment fait de manière intentionnelle et stratégique depuis 2002 avec la création et l'animation d'un club d'affaires dont j'avais besoin, en tant qu'indépendant, pour trouver et traiter des affaires. Cela m'a apporté beaucoup plus !
(A. A.) : Quelles sont les compétences d'un bon réseauteur ?
(A. D.) : La curiosité, l'écoute, le respect, bouger, grandir avec les autres, aider les autres à grandir, mettre en relation sont des compétences importantes pour bien réseauter. Mais les deux plus difficiles sont d'abord exprimer clairement qui on est, ce qu'on peut apporter et ce qu'on veut et deuxièmement, suivre les contacts pour qu'ils aient l'impression qu'on ne les oublie pas, qu'on s'intéresse à eux et même parfois qu'on les aime.
(A. A.) : Quand on vous observe, on ne peut s'empêcher de remarquer votre magnifique sourire. Associez-vous systématiquement réseautage et plaisir ?
(A. D.) : Presque toujours ! Même dans une relation intéressée, le contact peut nous apporter beaucoup de surprises qu'il nous faut être capable d'apprécier. Il m'arrive de dire qu'en réseautant, il faut être capable de changer sa propre vie. Le plaisir en est le moteur le plus important, essentiel même car il nourrit tous les niveaux de l'être.
(A. A.) : Quels sont les caractéristiques du réseautage en Europe ?
(A. D.) : J'ai eu la chance de voyager pour affaires dans une quinzaine de pays d'Europe. La démarche de réseautage est partout pareille : réussir le premier contact, approfondir une relation pour qualifier son intérêt, donner et recevoir. En Europe, par rapport à l'Amérique du Nord, l'histoire lointaine est vraiment présente à tous les carrefours. Par exemple, j'ai été surpris au Danemark dans les années 1990 d'avoir un chauffeur de taxi qui me disait qu'il ne fallait pas faire confiance aux Allemands et qu'il y aurait une prochaine guerre avec eux. Les difficultés relationnelles entre les gens sont souvent liées au passé structurant.
(A. A.) : Qu'est-ce qu'un québécois qui arrive en France devrait absolument savoir sur le réseautage façon française ?
(A. D.) : Les Français sous-estiment leur compétence relationnelle. Ils croient être inefficaces en réseautage et ne pensent pas pouvoir s'améliorer. Il ne faut pas hésiter à réseauter ouvertement avec eux.
Si un Français n'a pas de carte d'affaires sur lui - encore trop fréquent - il ne faut pas lui faire sentir qu'il a commis une erreur, sinon il risque de se bloquer et rien de bon ne s'ensuivra.
Évidemment, il faut que les Québécois restent eux-mêmes - en France, nous adorons l'accent québécois, sans toutefois en abuser - et votre réseautage sera certainement payé en retour.
(A. A.) : Racontez-nous une réalisation récente où votre réseau a fait une différence importante.
(A. D.) : L'un des grands défis du bon réseauteur est de faire que ses contacts puissent le promouvoir pour ce qu'il peut vraiment apporter.
En octobre dernier, j'ai eu un contact avec un institut de formation qui, suite à la recommandation d'un ancien membre de mon club d'affaires, m'a positionné comme l'expert du réseautage d'affaires. Grâce à cela, j'ai fait une formation à Rennes, en Bretagne, et je vais en faire bientôt une à Strasbourg, en Alsace.
Début mars 2009, j'ai été contacté pour une mission formation et coaching urgente. Celui qui m'a recommandé m'avait vu et entendu dans une conférence à Lyon il y a 2 ans. Je n'ai eu aucun contact direct avec lui depuis mais le fait de lui avoir envoyé mes « newsletters » mensuelles a fait qu'il m'avait à l'esprit, et il a pensé à moi avec pertinence pour cette mission que j'ai gagnée et réalisée en mars.
(A. A.) : Que pensez-vous des réseaux sociaux, du genre FaceBook ? Quelle est leur utilité dans le réseautage professionnel ?
(A. D.) : Il s'agit là d'un phénomène remarquable : 100 000 nouveaux membres par semaine, c'est très impressionnant. Encore aujourd'hui un ami m'a dit que les gens passent maintenant plus de temps sur Facebook que sur Google. Et on sait que le temps c'est de l'argent !
De plus en plus de grandes sociétés, même classiques dans leur culture comme les banques et les assurances, utilisent les réseaux sociaux pour communiquer sur leurs rencontres. Elles vont jusqu'à mettre en place un réseau social privé pour une communauté au sein de leur entreprise. Je leur donne du conseil pour les y aider.
En tant qu'individu, il faut être présent pour les recruteurs, sinon on n'existe pas. Cela exige une certaine réflexion sur nos objectifs et une maîtrise des techniques de marketing de soi.
Je suis convaincu que les réseaux sociaux vont faciliter et structurer la relation sociale. Dans ce contexte, il faudra conserver un véritable équilibre entre le réseautage en personne et en ligne. Voici un défi passionnant pour notre génération !
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