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Vidéo de la conférence
de Lise Cardinal lors du lancement du Réseau des femmes d'affaires francophones du Canada.

J'ai assisté hier à la plus révélatrice des conférences ! Je suis sortie la tête pleine d'espoir grâce à vous !

Stéphanie Drainville

Lise Cardinal
Éditorial
Éloge de la poignée de main
On dit que la poignée de main contribue à transmettre les germes. Mais ce premier signe d'ouverture reconnu internationalement me paraît irremplaçable.

Dans le Canada tout entier, la peur de la propagation de la grippe H1N1 a donné lieu à une recommandation voulant que l'on doive désormais éviter d'échanger des poignées de main avec les gens que nous rencontrons. Cette mesure est encore en vigueur chez certains groupes de la population et dans certains cercles.

Sur les patinoires ou sur les terrains de basketball, on présente maintenant le poing fermé au lieu de se livrer à la traditionnelle accolade. Les bénitiers de certaines églises catholiques ont été mis au rancart et trônent désormais, vides, aux portes des temples.

De même, durant la messe, on n'y échange plus les vœux de paix comme jadis. On dit même que lors de la visite du Dalaï-Lama à Memphis, au Tennessee, le maire de la ville l'a accueilli en lui tendant un poing fermé au lieu d'une main bien ouverte.

Les anthropologues s'accordent à dire que les rituels de salutation sont nécessaires à toutes les cultures.

En Asie, ils prennent la forme d'une petite courbette. En Europe, on y va des baisers sur les deux joues (en Suisse, on s'embrasse même trois fois). En Amérique du Nord, c'est la poignée de main qui prévaut. Ferme, molle, chaude ou froide, elle nous dit beaucoup sur la personne que nous rencontrons.

La poignée de main, c'est la première introduction. À l'étranger, elle accueille le retour d'amis et dans le monde des affaires, elle scelle même certaines transactions.

La disparition permanente de la poignée de main représenterait à coup sûr une perte certaine de « connexion » dans notre vie quotidienne. Sans cette pratique, comment accueillir l'équipe adverse lors de compétitions sportives sans démontrer de l'hostilité ?

L'utilisation du poing peut sembler amusante, mais n'a certainement pas sa place dans les événements comme une remise de diplômes, un office religieux ou même lors de la conclusion d'une transaction.

Il va sans dire que les responsables de la santé ne vont pas publiquement réinstaller la poignée de main. Il reste à chacun de nous de revenir à cette pratique fort honorable de « connecter ». Il en va de la survie du réseautage.

Enfin, pour alimenter votre réflexion sur cette question, je vous invite à parcourir l'éditorial paru dans le magazine d'actualité canadien Macleans du 21 janvier 2010, dont les propos m'ont inspiré pour cet éditorial.

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